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12 février 2012

Texte méditatif d’entrée

Maintenant que la mort est morte, dit Dieu,
Maintenant que la Résurrection a vaincu la mort,
C'est plus facile pour moi de vous parler.
Ce que je veux vous dire
Ne vous tombera pas dessus
Comme une menace
Ou comme une punition.
Je vais pouvoir vous parler de la mort
Sans vous faire peur.
On va pouvoir être plus vrai ensemble.
On va pouvoir oser parler de la mort
On ne sera plus obligés de jouer à cache-cache.

Pâques a ouvert une brèche.
Il y a du courant d'air dans le tombeau.
Ça ne supprime pas la mort
Ça ne dispense personne de mourir …
Ce qui est changé,
C'est que la pierre a roulé du tombeau,
Que la brèche est ouverte.
On croyait que la mort était une impasse
Et c'est un passage,
Un lieu de communication.

Si je vous parle comme cela, dit Dieu,
C'est que je peux vous le dire d'expérience.
Mon fils Jésus est mort
Je l'ai vécu.
Maintenant, dit Dieu,
Quand je parle de la mort
Je parle de MA mort
Celle que Jésus a vécue sur la croix.
Ne tombez pas dans la peur de la mort :
Elle n'existe pas.
Ce qui existe,
C'est ma mort à moi
C'est votre mort à vous,
C'est la mort de chacun.
Votre mort fait partie de votre vie.
C'et votre mort qui va transplanter votre vie
Ailleurs.
Il arrive un moment où votre vie est trop pleine
Elle ne tient plus dans votre vie.
Comme il arrive un moment
Où le rosier ne tient plus dans son pot
Parce que le pot est devenu trop petit.
Il faut alors transplanter le rosier.
(…)
La mort va planter la vie ailleurs
Sous un autre jour
Dans une autre lumière
Au sourire d'un autre soleil.

Texte biblique : Jean 5, 19-24

19Jésus reprend la parole et dit : « Oui, je vous le dis, c'est la vérité, le Fils ne peut décider lui-même ce qu'il doit faire. Il voit ce que le Père fait et il fait seulement cela. Ce que le Père fait, le Fils le fait aussi. 20Le Père aime le Fils et il lui montre tout ce qu'il fait. Il lui montrera des actions encore plus grandes, et vous serez très étonnés. 21En effet, le Père réveille les morts et il leur donne la vie. De la même façon, le Fils donne la vie à qui il veut. 22Et le Père ne juge personne, mais il a donné au Fils tout le pouvoir pour juger. 23Ainsi, tous respecteront le Fils, comme tous respectent le Père. Le Père a envoyé le Fils. Si quelqu'un ne respecte pas le Fils, il ne respecte pas non plus le Père.
24« Oui, je vous le dis, c'est la vérité, si quelqu'un écoute mes paroles et croit au Père qui m'a envoyé, il vit avec Dieu pour toujours. Il n'est pas condamné, mais il est passé de la mort à la vie.

Temps de parole

« Lorsqu’à la dernière heure, chacun s’épouvante, et que la sueur glaciale de l’agonie baigne nos membres déjà raidis, lorsque ma langue ne parle plus que par des soupirs, et que mon cœur se brise, il suffit alors à ma foi de savoir que Jésus est à mes côtés, lui qui est allé avec patience à son martyre et m’accompagne maintenant sur cette voie difficile en me préparant le repos», a chanté  le Ténor.
Et la Sporano a poursuivi « Mon âme repose dans les mains de Jésus quand bien même la terre recouvre ce corps. Ah ! Appelez-moi bientôt, cloches funèbres. Je suis plein de courage pour mourir parce que Jésus me réveillera de la mort. »

En théorie, la résurrection – et la vie éternelles – sont des croyances fondamentales dans le christianisme. Mais concrètement… nous devons bien admettre qu’elles sont vécues de manière très différente par les uns et les autres.
Pour certains chrétiens, la résurrection est la clé de voûte de leur espérance … pour d’autres, c’est plutôt quelque chose de difficile à croire, plutôt quelque chose qui fait obstacle à la foi.



•    Et de citer, comme argument à leur réticence, le fait que cette croyance n’apparaît pratiquement jamais dans la bible hébraïque. Elle n’est mentionnée que dans la tradition orale des juifs, c’est pourquoi les Sadducéens de l’époque de Jésus – qui s’en tenaient au texte écrit – n’y croyaient pas.

Mais Jésus y croyait, c’est sûr.
Encore faut-il peut-être voir comment …

Ceux qui considèrent la résurrection comme un élément « accessoire » défendent souvent l’idée que l’essentiel, pour un chrétien, c’est le commandement d’amour, le don de soi l’humilité et non l’espérance d’un « paradis » avec des moutons qui fileraient le parfait amour avec les lions, des hommes et des femmes qui s’aimeraient, toutes générations et toutes couleurs de peau confondues … et des grands repas comme nos repas d’anniversaire ou de mariage … Un paradis qui ressemblerait à la dernière « case » de toutes les aventures d’Astérix et Obélix !
Bien sûr !

Même les croyants convaincus de l’importance de la résurrection ne s’imaginent plus passer des siècles et des siècles à jouer de la harpe revêtus de robes blanches.

Non. Il faut chercher un sens à la résurrection ailleurs.

Pour les « minimalistes », la résurrection, c’est peut-être simplement l’idée qu’ils vont laisser quelque chose par les œuvres qu’ils auront faites ou parce qu’ils auront pu transmettre. Ce n’est peut-être pas grand-chose, mais ce n’est pas rien. Dans l’Apocalype, on peut lire « Heureux dès à présent ceux qui meurent dans le Seigneur, oui, dit l’Esprit, ils se reposent de leur peine et leurs œuvres les suivent ». Cela suppose aussi une conception généreuse, solidaire de la vie : la vie n’est pas faite d’abord pour profiter égoïstement des choses, mais pour servir, agir et partager avec les autres. Comprendre que notre vie n’a de sens que dans la mesure où elle se tourne vers les autres, c’est déjà se penser dans une vocation qui est celle de l’homme co-créateur avec Dieu.

Mais dans l’Evangile, la vie éternelle est plus que ce qu’on laisse derrière soi. C’est une dimension de notre existence.


Il est vrai que dans l’Evangile, on trouve la notion d’une résurrection après la mort physique (avec un jugement dernier, comme on l’a beaucoup enseigné au moyen-âge). Mais chez Paul et chez Jean,  la vie éternelle c’est plutôt une dimension particulière,
•    une couleur que notre vie peut trouver ici-bas,
•    notre dimension spirituelle.
Que Jean appelle « nouvelle naissance », que Paul appelle « résurrection ».

•    Et qui peut grandir dans notre vie
•    et c’est elle qui demeure, même après notre mort physique.

C’est ainsi que Jean écrit « En vérité, je vous le dis, celui qui écoute ma parole et croit à celui qui m’a envoyé a la vie éternelle. Il est passé de la mort à la vie ». (Jean 5, 24). Jésus ne nous promet pas la vie éternelle au futur… mais au présent. Celui qui croit A– aujourd’hui, maintenant- la vie éternelle.

Et à partir de là on peut parler de la résurrection au passé : celui qui croit est déjà passé de la mort à la vie. Paul ne dit pas autre chose. Il ne dit pas « vous ressusciterez après votre mort physique », il dit « vous êtes ressuscités avec le Christ ». (Col2, 11-13).
 La résurrection pour Paul est donc quelque chose qu’on peut expérimenter au présent.

Karl Barth conseillait, pour préparer une prédication, d’avoir dans une main la bible et dans l’autre le journal. J’en suis pour ma part absolument convaincu, mais j’aurais envie de dire qu’on pourrait faire alterner le journal et l’humour.

Nous avons relu l’Evangile de Jean, l’Apôtre Paul… je vous propose un  mini détour par Woddy Allen. Woddy Allen qui disait cette phrase merveilleuse à propos de la vie éternelle : « L’éternité c’est long, surtout à la fin ».

Je ne connais pas de phrase aussi courte et aussi géniale pour exprimer le fait que la vie éternelle ne peut pas se concevoir,
•    se penser,
•    se comprendre,
•    si nous en restons à nos critères d’analyse et de compréhension.

Et encore moins si nos critères sont des critères de « quantité ».
Nous aimons les chiffres, nous aimons les poids, nous aimons les longueurs …

« Les grandes personnes aiment les chiffres, écrivait Saint-Exupéry dans son PETIT PRINCE. Quand vous leur parlez d’un nouvel ami, elles ne vous questionnent jamais  sur l’essentiel. Elles ne vous disent jamais : « Quel est le son de sa voir ? Quels sont les jeux qu’il préfère ? Est-ce qu’il collectionne les papillons ? » Elles vous demande : « Quel âge a-t-il ? Combien a-t-il de frères ? Combien pèse-t-il ?= Combien gagne son père ? » Alors seulement elles croient le connaître. Ainsi si vous leur dites : « La preuve que le petit prince a existé, c’est qu’il était ravissant, qu’il riait et qu’il voulait un mouton », elles hausseront les épaules et vous traiteront d’enfant. Mais si vous leur dites « la planète d’où il venait est l’Astéroïde B 612 », alors elles seront convaincues et vous laisseront tranquilles avec leurs questions … »

Pour imaginer la vie éternelle, la résurrection … changer d’outil de pensée.

•    On ne va pas à la pêche au gros avec une boîte de mouches.
•    On ne peut pas évoquer le parfum d’une rose avec des statistiques !
•    Pas plus qu’on ne saurait accorder un violon avec une clé de 8.

La vie éternelle, ce pourrait être ce petit quelque chose qui résume
•    la qualité,
•    la profondeur de l’être,
•    ce qui est invisible,
•    au-delà du matériel
•    et qui est essentiel.  
Et la dimension « éternelle » de ce petit quelque chose ne viendrait pas tellement du fait qu’elle serait au-delà du temps… mais d’une autre nature.
La science nous dit que la MATIERE et le TEMPS sont liés. Et qu’ainsi quelque chose qui n’est pas matériel est hors du temps. Paul ne dit pas autre chose : « Nous regardons non pas aux choses visibles, mais à celles qui sont invisibles car les choses visibles sont pour un temps et les choses invisibles sont éternelles ».

Un dernier point sur l’importance de cette dimension de l’être … notre « vie éternelle présente ».  

Nous faisons tous l’expérience du vieillissement. Il y a – peut-être pas chaque jour, mais en tout cas chaque année – quelque chose qui va un peu moins bien dans notre machine physique.
Et il nous arrive de nous en plaindre, de le regretter !

Mais en ce faisant, nous oublions que nous pourrions aussi regarder cet autre composant de notre existence, notre dimension spirituelle – ou notre vie éternelle pour utiliser les mots classiques – qui se renouvelle, qui se développe, qui croit, de jour en jour, qui est invisible pour les yeux… mais qui ne meurt jamais.

Texte méditatif

Nous ne sommes pas des surdoués de la foi.

Notre Dieu,
Notre foi est une feuille de platane
Qui flotte au vent
 Une flamme de bougie
Qui tremblote
Un filet de voix
Qui cherche son timbre. Nous ne disons pas que notre foi est parterre,
Ni qu’elle est éteinte,
Ni qu’elle est muette.
Mais voici
Notre foi est menue et mal assurée.
Nous ne sommes pas des surdoués en la matière.

Et même, nous n’aimons pas les surdoués,
Qui savent par cœur les versets
Et les réponses,
Qui ont dans leur valise un complet dogmatique
Toujours bien repassé
Qui chantent leurs évidences
 A cœur joie
Et dont les joues
Ruissellent de ferveur huileuse.

Nous n’aimons pas trop les croyants
Nous qui  sommes des menus croyants
Des demi-croyants,
Des incroyants
Qui doutent de leur incroyance
Des mal-croyants qui nagent entre les eaux
De la présence et de l’inexistence
Des croyants
Qui ont mal au cœur avec leur foi.

Alors mon Dieu
Que peux-tu faire pour nous
Et que pouvons-nous faire pour toi ?
Pourrais-tu avoir l’obligeance
De nous accepter tels que nous sommes
Comme tu as ouvert tes bras
A l’enfant prodigue
Sans l’obliger d’abord à se repentir
A proclamer sa foi
A chanter ta grandeur ?
Pourrais-tu avoir l’obligeance
Et la gentillesse,
La bonté et la générosité
De préférer notre visage réel
A tout masque
Trop sérieux,
Trop serein,
Trop assuré,
Qu’il faudrait revêtir pour te plaire ?
Et pourrions-nous croire que
Tu n’es pas venu pour les surdoués
De la religion
Mais pour les mal-doués de l’existence
Quand ils viennent à toi
Le cœur aussi simple
Démuni et confiant
Qu’une feuille de platane entre deux vents, qu’une flamme de bougie
Entre deux souffles
Qu’une voix d’homme entre deux
Tremblements ?
Car tu cherches
Et tu trouves les mal-doués
Et c’est avec eux
Que tu chemines jusqu’au Royaume
De ta vie et de leur vie.
Amen.








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