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Liste des cantates par date

10 avril 2011

Texte méditatif d’entrée

Temps de la haie d’honneur
Temps du malentendu…
Temps de l’acclamation et de la joie
Temps de l’aigreur et du mutisme malveillant…
Temps d’aspiration et d’inspiration pour les petits du peuple
Temps de la crispation et de la peur pour les hauts responsables…
Temps de l’espérance folle
Temps de la désillusion…

Au cœur de la vie
Ce mouvement ambigu :
Dilatation et ouverture
Contraction et repli…
Diastole et systole de l’âme…

Amour et haine
Comme un combat
Enthousiasme et hésitation
Envie et remords,
En-vie et re-mord
Risque et assurance
Confiance
Confiance !

Lecture biblique : Matthieu 21/10-17

Quand Jésus entra dans Jérusalem, toute la ville et ses gens furent ébranlés, comme secoués d’une grande émotion :

Qui est celui-ci ? demandait-on…

Les foules proches répondaient : celui-ci ? c’est le prophète Jésus, Iéshoua, de Nazareth en Galilée…

Alors Jésus pénétra dans la 1ère partie du Temple, le parvis des étrangers. Il en expulsa tous les vendeurs et tous les acheteurs. Il n’hésita pas à renverser les bureaux où l’on changeait de l’argent sale contre de l’argent propre pour le Temple. Il culbuta les sièges des marchands de colombes et autres animaux vendus pour être sacrifiés.

A ces gestes forts, il ajouta une parole d’autorité citant les prophètes : «est-ce qu’à vos yeux, cette maison sur laquelle a été proclamé le nom de Dieu, serait devenue un tripot?»

Alors, dans cet endroit même que Jésus venait de restituer à Dieu, des laissés pour compte aveugles et boiteux de la vie se présentèrent à lui et il les rétablit dans leur dignité.

Voyant ces actes surprenants et entendant des gamins qui criaient, comme on acclamait autrefois un roi «Hosanna – càd viens donc nous délivrer, fils de David !», des prêtres et des théologiens en furent scandalisés : «Tu entends ce qu’ils disent ?»… Oui, répondit Jésus… N’avez-vous jamais lu le psaume 8 : « de la bouche des petits et même des nourrissons, tu as tiré une louange ! »

Et là-dessus, il les planta là et sortit de la ville pour passer la nuit dans le village de Béthanie…

Temps de parole

« Qui c’est, celui-ci ? » L’entrée de Jésus, le petit provincial Galiléen, à Jérusalem est qualifiée, par l’évangile, de tremblement de terre !… En réalité, historiquement, cela a dû être très modeste et cela a d’ailleurs passé quasi inaperçu par les forces d’occupation romaine ! C’est que Matthieu en amplifiant l’événement, interprète déjà cette entrée symbolique comme une révolution et des mentalités et des relations… Il y a d’autres entrées dans d’autres capitales qui ont fait et qui font autrement de bruit et qui entraînent autrement de larmes !

L’âne est une monture paisible et patiente ; rien à voir avec la fougue du cheval ni la force du cheval-vapeur. C’est que le changement des cœurs et des mentalités ne se fera jamais par la force. Et cette libération, cette mise au large, ce rétablissement de la dignité humaine dont Jésus est porteur, est d’abord une libération intérieure, offerte, proposée, jamais imposée. Mais ensuite, elle appelle à un changement de et dans la société, elle oblige même à dire tout haut et à mettre en lumière, les innombrables injustices qui se commettent, parfois sous de faux noms, dans tous les quartiers de notre village planétaire.

Jésus n’est pas pour autant un « molachu » ; il fait preuve d’une grande fermeté face aux pratiques rituelles du Temple, à son époque, ce centre religieux et politique du monde juif, et face aux dérives qu’il constate et dénonce dans la manière d’utiliser Dieu et son nom ainsi que le lieu qui lui avait été attribué… Cela doit nous parler fort aujourd’hui, n’est-ce pas, l’utilisation abusive et trompeuse du nom de Dieu.

« Roi du Ciel », dit la cantate en son début : non pas roi de la terre ni roi d’une terre, mais du ciel : c’est-à-dire roi autre, règne différent, déjà présent par tous les signes modestes de paix et de justice parmi les humains, qu’il nous arrive de poser, lorsque nous aimons, lorsque nous protestons. « Sois le bienvenu, entre donc, nous aussi voulons être ton peuple ! » poursuit Bach qui est un bon théologien en l’occurrence… C’est peut-être bien à notre niveau personnel que cette entrée, non plus dans une ville mais dans nos vies, prend des couleurs et des effets de tremblements de terre, tellement nous pouvons être secoués, ébranlés, parfois déstabilisés, dans nos habitudes et notre cocon, dans nos sécurités et nos prévisions certes, mais aussi beaucoup plus fondamentalement dans nos images les plus profondes : celles que nous nous sommes fait de nous-même ou de ce que nous pensons être ; nos certitudes au sujet de ce qui nous a paru jusqu’à ce jour être juste et bien, l’image que nous nous faisons de l’ultime, de Dieu, de l’Autre…

Quand le chœur a chanté « tu t’es emparé de nos cœurs – Du hast uns das Herz genommen »…c’est comme si cette entrée dans nos vies avait tout à coup percé le mur, libéré des énergies, des envies – sans faire violence, juste en dénouant des liens qui retenaient prisonniers – et on ne s’ était même pas rendu compte qu’on était retenu – des baillons qui rendaient muet et comme paralysé, attaché, aveugle tout en ayant des yeux…

Une venue dans nos vies synonyme de détente, de décrispation… Qui n’aurait pas envie de cela ? qui, parmi vous, refuserait cette mise au large ? …

« C’est qui, celui-ci ? » … celui qui vient déranger…et peut-être dénouer…

Pour parler de cette irruption de la vie dans celle de rabbi Jacob-Joseph, on raconte qu’un matin, il arriva à la synagogue qu’il trouva vide.

-              Où sont les fidèles ? demanda-t-il au bedeau

-              Sur la place du marché

-              Tous ? alors que c’est l’heure de la prière ?

-              Eh bien voilà, il y a cet étranger qui est là-bas…Il raconte des histoires… et quand il parle on n’a pas envie de le quitter…

-              Ah ! l’insolent, va et amène-le moi !

Le bedeau était fait pour obéir. Il y alla donc et revint avec l’étranger…

-              Comment oses-tu déranger la communauté et la détourner de son chemin ?…

-              Ne vous mettez pas en colère, lui répondit l’étranger. Un rabbin ne devrait jamais céder à la colère. Ecoutez plutôt une histoire,…

-              Quoi ? encore des histoires ? ton impertinence dépasse les bornes. Je vais sévir…

-              Il ne faut pas laisser la colère vous envahir, lui dit l’étranger avec douceur… Ecoutez-moi…

Et comme il y avait quelque chose de bouleversant en lui, le rabbin écouta…

C’est une histoire qui m’est arrivée, dit l’étranger.. Je voyageais dans un carrosse tiré par 3 chevaux de couleur différente et aucun ne hennissait. Et je ne comprenais pas pourquoi. Jusqu’au jour où je rencontrai un paysan qui me cria de relâcher les rênes. Du coup les trois chevaux se mirent à hennir.

Du coup aussi le rabbin comprit la parabole : pour que l’âme puisse vibrer, il faut la libérer – trop de contraintes l’étouffent – peut-être en musique aussi ?… Et sans comprendre pourquoi, le rabbin se mit à pleurer…. C’était la 1ère fois de sa vie qu’il pleurait ainsi, librement… Comme une entrée des Rameaux dans sa vie…

Qui c’est, celui-ci ?…

C’est Celui qui nous entraîne vers la cité de la joie…. va conclure la cantate…

amen

Texte méditatif final

Qui disait que la ténèbre était lumière ?
Que l’ombre supposait la clarté
Que la graine contenait l’arbre tout entier
Que les larmes lavaient le cœur
Que le cœur brisait la pierre
Que la pierre était roulée
Que la Parole était désormais au cœur ?

Qui osait l’amour plutôt que la logique
L’accueil plutôt que le jugement
La résistance plutôt que l’indolence
La non-violence plutôt que l’indifférence
La confiance plutôt que la méfiance ?

Au cœur de la vie
L’aube d’un matin de Pâques….




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