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Liste des cantates par date

8 janvier 2017

Accueil

Dimanche 8 janvier. Un dimanche qui a un nom : l’Epiphanie. On y fête la venue des mages à Bethléem. Mais surtout, c’est un dimanche d’après Noël. On a éteint les bougies. Le sapin a été remisé. On s’est mis un peu au régime après l’abondance des repas. Les anges sont repartis au ciel. On part pour une nouvelle année.
Mais nous partons en cantate et en parole(s). La cantate 122 nous fait regarder dans le rétroviseur : « Le petit enfant nouveau-né ». Un rappel de Noël que nous allons emporter avec nous dans cette année nouvelle. Et puis, nous n’allons pas laisser les anges s’en aller tout à fait ; on les retiendra un instant. Alors, bienvenue à vous les musiciens, bienvenue aux choristes et à leur chef, bienvenue à l’organiste, bienvenue à vous tous. Tout le monde est là. L’air peut vibrer de musique et de parole.

Texte méditatif

Les lumières de Noël se sont éteintes, et l’actualité est revenue à la nuit. La nuit. Avec ses bruits de guerre, le son du canon, la course des camions fous, le fracas des destructions, la traque des terroristes, la misère des migrants. Il faut être fort pour vivre la nuit, car les loups rôdent. Nos nuits sont un peu trop noires, ces temps.
Alors je vous propose de ne pas perdre de vue le rétroviseur : la lumière de Noël.
Erri de Luca, l’écrivain, a écrit ce beau texte sur le mode du Notre Père :

Notre Père qui es aux cieux,
Regarde ton troupeau,
Qu’il reste entier et tien.
Que ta propriété soit sauve
Sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd’hui les pâtures de demain,
Ramène l’égarée et nous te l’offrirons
Et ne permets pas les guets-apens
Mais sauve-nous des loups.
Ainsi soit-il.

Lecture biblique

Je vous l’ai dit : on ne va pas laisser les anges s’en aller trop vite.

Luc 2,8-14

Un ange passe…

Vous croyez aux anges, vous ?
Non, attendez, je ne vous prends pas pour des enfants. La question est très sérieuse : croyez-vous que les anges existent pour de vrai ?
Parce qu’autour de Noël, ils ont pullulé, les anges. Pas moyen de les éviter, à cette période de l’année. On en croise à chaque détour de cantique. Et puis après, ils se font plus rares. Pourtant,  beaucoup disent qu’ils reviennent à la mode. Ils ont à nouveau la cote, mais ce sont des anges gardiens.
Croyez-vous aux anges ?
Je ne suis pas en train de vous demander si vous êtes convaincus qu’ils ont des ailes, les cheveux blonds, la tunique blanche et le sexe indéfinissable. Non…
Le théologien Louis Evely a écrit ces propos un peu pointus :
« Avez-vous déjà vu un ange ? Combien de fois avez-vous rencontré des anges ? De quand date votre dernier ange ? … Si vous croyez que les anges ont des ailes, s’ensuivent deux conséquences catastrophiques. D’abord, vous ne verrez jamais d’anges (et si vous en voyez un, je vous conseillerais de consulter au plus tôt un médecin compétent !) et vous vivrez une vie profane, une vie où Dieu ne se manifeste pas… une vie de nostalgie vers ces temps merveilleux où le divin était à notre portée…. Ensuite vous penserez que la faute en est à Dieu… Vous ne demandez pas mieux que de voir un ange, et votre vie changerait si Dieu prenait la peine de vous en envoyer un. »

Moi, je préfère ce que disait  cette petite fille de dix ans qui affirmait à un journaliste qu’elle préférait le théâtre au cinéma. Ce qui n’est pas courant. Et le journaliste lui a demandé pourquoi. Après un silence embarrassé, comme si on lui demandait d’avouer quelque chose d'intime qu’elle hésitait à partager, la petite fille a répondu : « parce qu’au théâtre, la dame, elle peut perdre sa chaussure. »
L’ange se glisse là. Dans la surprise, dans l’inattendu, dans le non-programmé. Relisez les textes bibliques qui parlent d’eux. Jamais l’ange ne répond à une demande, même pas une prière. Jamais il ne vient quand on le sonne. L’ange survient, il surgit. Soudain il est là et parle, le plus souvent dans une situation difficile. L’ange est ce qui nous vient d’ailleurs. Il ouvre une fenêtre dans le mur.
Pour moi, très longtemps, l’ange a été une affaire classée. Je ne croyais pas aux anges ailés, donc pas d’ailes, pas d’anges. Et je les considérais comme les restes, délicieusement vieillots, de croyances archaïques, à ranger avec les lutins et les trolls. Et puis, j’ai entendu des scientifiques parler. Des scientifiques à la pointe de la science. Ils disaient : plus la science avance, plus elle découvre de l’inconnaissable. On a tendance à penser l’inverse : plus la science avance, plus l’inconnu diminue. Eh bien non, eux disent le contraire. Plus on sait, plus on mesure qu’il y a dans la vie de l’inconnaissable, du mystère.
Et c’est là que j’ai retrouvé l’ange. Il n’a pas d’aile, mais il concrétise dans ma vie ce qui échappe à mes calculs. Ce qui fait que je ne maîtrise pas tout. Ce qui me vient d’ailleurs. La visite de l’invisible dans le visible. Parce que je crois que ma vie, notre vie, la vie de chacun est plus grande que ce qu’on voit. Et qu’à certains moments elle est visitée d’en-haut. On a des noms pour ça. On parle d’intuition, d’idée géniale, de fulgurance, de conversion, de découverte inattendue… Nous baptisons de nos mots ce qui nous échappe et nous est venu, ce qui nous a sauvé et réorienté, ce qui a soudain ouvert un chemin alors qu’on ne l’attendait pas.
La visite de l’invisible dans le visible. Les Anciens ont parlé d’anges, ils leur ont  collé une paire d’ailes pour signifier qu’ils venaient d’ailleurs, du ciel, de Dieu (mais ne prenez pas les Anciens pour des idiots ; ils avaient le sens du symbole). Dans notre monde désanchanté, dans la nuit où rôdent les loups, croire au mystère qui nous veut du bien n’est pas un signe de naïveté. C’est décider de ne pas rester le nez collé à la nuit.
Le soprano va le chanter tout de suite maintenant : « Les anges, qui jusqu’alors vous regardaient comme des maudits, emplissent maintenant le ciel d’un chœur suprême pour se réjouir de votre salut. »

Texte méditatif

Nous avons échangé beaucoup de vœux pour la nouvelle année. En voici un.

Une femme rêva qu’elle pénétrait dans une boutique toute neuve de la place du marché et qu’à sa grande surprise, elle trouvait un ange du Seigneur derrière le comptoir.
« Qu’est-ce que vous vendez ici ? », demanda-t-elle.
« Tout ce que votre cœur désire », dit l’ange.
Osant à peine en croire ses oreilles, la femme décida de demander les meilleures choses qu’un être humain puisse désirer.
« Je désire la paix de l’esprit et l’amour et le bonheur et la sagesse et la libération de tout crainte », dit-elle.
Puis, à la réflexion, elle ajouta :
« Pas juste pour moi. Pour tout le monde sur la terre. »
Alors l’ange sourit.
« Je pense qu’il y a erreur, ma chère », dit-il. « Ici, nous ne vendons pas de fruits. Nous vendons seulement des semences.

Selon Anthony de Mello





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